Alors que la paix règne au sein du concil de la galaxie Alpha-56, une sombre menace depuis longtemps enfouie refait surface...
 
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 Drewan Aubépine

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Drewan Aubépine
Éclaireur (grade : major)
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Sexe : Masculin Verseau Tigre
Localisation du personnage : A quelques km de sa cible, l'oeil sur le viseur et le doigt sur la gâchette, attendant le bon moment...
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MessageSujet: Drewan Aubépine   Sam 3 Jan - 18:29




Nom : Drewan

Prénom : Aubépine

Âge : 63 ans

Description physique : Il est âgé, et cela se voit. Cheveux blancs de moins en moins nombreux, yeux fatigués, démarche traînante, ...
Malgré tout, il n'a pas l'apparence famélique de certaines vieilles personnes. Une longue carrière de militaire lui a forgé un corps robuste, qui n'est pas prêt de se dégrader... En apparence, du moins. Car sous ces muscles et ces cicatrices repose un corps fatigué, usé par toutes ces années.  Un cœur qui n'en peut plus de battre, des poumons las de se gonfler et dégonfler en permanence, des muscles qui n'aspirent qu'au repos... Seul son cerveau ne faiblit pas, lui laissant toute la lucidité et la sagesse qu'il sut acquérir durant sa longue existence.

Son visage est dur, et ses traits tirés, mais au fond de ses yeux bruns peut se lire une douceur, une bonté d'âme surprenante au vu de son métier d'assassin. Ses rides se disputent son visage avec les cicatrices qui le traversent, marques qu'ont laissées ses nombreuses missions. Sa maigre barbe, composée de quelques poils courts, ne suffit pas à les cacher.

Drewan garde habituellement un air impassible, que la rudesse de ses traits transforme en une expression dure, insensible. Il marche lentement, avec prudence, car il sait que ses réflexes se sont engourdis avec l'âge. Il palie à cette faiblesse par sa grande expérience.

Caractère : Peu loquace, Il paraît froid et distant, alors qu'il n'est qu'introverti. Il évite autrui non pas par mépris ou indifférence, mais parce que son métier ne le lui permet pas: qui sait s'il ne devra pas, un jour, abattre l'un de ceux qui l'entourent? Et il le fera, si telle est sa mission.

Pas parce qu'il fait taire sa conscience, bien au contraire!
Il considère que la fin justifie les moyens, et qu'il n'y a aucun monde de rêve, aucun Eden qui ne peut être atteint sans que certains ne se souillent les mains pour lui.
Et qu'aucun paradis terrestre -ou même pâle copie de ce paradis- ne peut exister sans autorité au-dessus du peuple, sans un pouvoir fort pour instaurer la paix. Ce n'est pas pour autant qu'il méprise la liberté individuelle! Seulement, il considère que "la liberté des uns [devrait s'arrêter] là où commence celle des autres". Et, pour forcer ceux qui ne comprennent pas ce proverbe à le respecter, il faut une armée, et des soldats prêts à faire ce qu'il faut.

Car Drewan est profondément bon. S'il ne croit pas qu'un monde parfait puisse être crée un jour, il sait que l'homme est capable de s'en approcher toujours plus, et il veut participer à cette avancée. En tuant ceux qui sont des obstacles, car c'est ce qu'il fait de mieux. Qu'est-ce que la mort d'une personne si elle permet d'en sauver ne fut-ce que deux autres?
Malgré cela, et malgré son caractère rationnel, il s'est fixé quelques règles.
Il ne tue sa cible que quand elle est heureuse. Si cela n'arrive pas malgré son attente -il est extrêmement patient, comme tout bon sniper-, il tente de provoquer lui-même cet instant de bonheur avec lequel partira sa cible.
De plus, il s'arrange toujours pour obtenir, avant ou après le meurtre, un objet ayant appartenu à la personne. Il a ainsi une collection d'objets de toutes sortes -des armes aux brosses à dent- dont chacun est le souvenir d'une de ses missions.
Il s'impose la première règle par respect pour sa cible. Si elle meurt, autant que ce soit dans son meilleur jour, le sourire aux lèvres. Quant à la seconde, c'est pour ne pas oublier qu'il a les mains sales, et se rappeler qu'il tue des êtres vivants, chacun unique, non pas de simples cibles d'entraînement -une pensée derrière laquelle beaucoup se réfugient, mais qu'il se refuse à adopter.
Et, surtout, il se force à suivre ces règles pour que tuer ne lui soit jamais facile -cela ne devrait jamais l'être.

C'est aussi une oreille attentive, qui ne révélera jamais vos secrets... Sauf si cela peut servir une bonne cause. Il adore aussi les enfants, seules personnes vraiment innocentes selon lui et, surtout, il les trouve très amusants. Il aime les épater avec ses origamis.
Il est l'amant d'une femme, membre d'Icare, qui essaye, en donnant des informations parfois fausses à Icare, de les manipuler pour que leurs actes aident réellement le peuple. De son côté, après avoir épargné cette femme qui était une de ses cibles, Drewan -qui a repris ce nom de celui qui l'a fait entrer dans l'armée, car son vrai prénom, "Aubépine", lui sert finalement de nom de code d'assassin- épargne parfois ses cibles, les convainquant de cesser leurs actes criminels par le dialogue ou les menaces.

Signes particuliers : Son grand âge, bien sûr, mais aussi son incroyable talent pour faire des origamis en papier. Les classiques comme les avions, grue et grenouilles, bien entendu, mais aussi toutes sortes d'autres objets, animaux,...
C'est ce à quoi il passe ses longues périodes d'attente (qui sont communes à tous les assassins), et ce avec quoi il a tué le temps pendant ces dix dernières années, quand il était...
Enfin, vous apprendrez cela plus tard.

Histoire :
C'est à l'âge de trois ans que je commençai à exister, sur Chronos. C'était la coutume, dans ma tribu: il y avait trop de mortalité infantile, alors on évitait de s'attacher aux enfants avant un certain âge. Ils n'étaient donc pas considérés comme des personnes avant trois ans.
J'avais été conçu pendant la Jurtail, la fête en l'honneur de la déesse de la fertilité. Une fête pas bien propre... Une orgie charnelle. Les enfants qui naissaient par ces fêtes étaient, selon la coutume, promis à un grand avenir. Quand je revois ma vie, j'ai envie d'en rire... Quoi qu'il en soit, ces enfants n'avaient ni parents, ni nom avant le début de leur quatrième année. Trois ans après ma naissance, j'avais survécu, et fut adopté -le concept de parents biologiques n'avait aucun sens, car la tribu se voulait comme une grande famille... Avec ce que cela impliquait d'inceste et d'handicapés, bien sûr. D'où la mortalité infantile, sans doute.
Mes nouveaux parents me nommèrent "Aubépine". La plante qui signifiait "espoir", selon un des livres que la tribu avait su voler aux "hommes civilisés" -certains braves s'infiltraient en ville pour en voler, afin d'en savoir plus sur ces hommes.
Hommes que nous fuyions. Ils mettraient fin à nos rites et coutumes, nous en étions certains. Après tout, certains ne correspondaient pas à leurs... Valeurs morales. Le Jurtail, par exemple.
Sans parler de la médiatisation, qui transformerait notre village en plateau de télévision.
Voilà pourquoi la culture de notre tribu avait subsisté et résisté à la civilisation: elle se cachait.

Dix ans passèrent.
Je n'aimais pas fort mes parents. Lâches, ils s'écrasaient trop facilement face au chef, et leur ambition était inexistante. Ho, ils n'étaient pas méchants avec moi, mais pas férus de bonnes intentions non plus. Si j'avais le malheur de manquer de respect à l'autorité, par exemple, je passais un sale quart d'heure...
J'avais 13 ans, quand ma vie bascula. Une phrase qui fait cliché, mais qui convient à merveille.
Nous nous promenions dans la jungle, mes parents et moi, quand nous vîmes un militaire. Il était venu explorer la zone... Et il tomberait sans aucun doute sur notre village, et en parlerait à ses supérieurs. Ce qu'il fallait à tout prix éviter.
Mes parents savaient ce qu'ils devaient faire. Ou, plutôt, ce qu'on leur avait dit de faire. Ils me dirent de ne plus bouger, et grimpèrent dans les arbres -nous étions des "sauvages", c'était aussi facile que de respirer, pour nous. Ils se déplacèrent jusqu'au dessus du garde, lui tombèrent dessus, et l'attachèrent avec des lianes. Ensuite, ils le traînèrent jusqu'à une des rares clairières de la jungle, et préparèrent un feu.
Leurs consignes étaient de brûler vifs les soldats capturés, au nom de je-ne-sais quelle absurde déesse, leur avait dit le chef. En vérité, c'était pour effacer toutes traces du soldat, au cas où d'autres militaires venaient, et détruire capteurs et autres radars sur son corps qui signaleraient sa position.
Mes parents allumèrent le bûcher. L'homme se mit à hurler.
Je marchai lentement jusqu'aux objets que mes parents avaient sortis de la poche du soldat -curieux, ils voulaient les garder pour les observer après. Un médaillon, avec une photo dedans. L'homme, et sa famille: une femme et un très jeune garçon, quatre ans, pas plus.
Il y avait un fusil, aussi. J'avais déjà lu dans un des livres ramenés comment s'en servir.
Les cris de l'homme me perçaient les tympans, et le regard des gens sur la photographie devenait dur, accusateur.
Merde. Je n'avais pas le droit de laisser cet innocent mourir. J'avais beau n'avoir que treize ans, j'étais déjà suffisamment mature pour comprendre ce qui était bien, et ce qui était mal. Et cela, c'était tout sauf bien.
Je saisis le fusil, et tirai sur mes parents. Ils moururent le sourire aux lèvres, fiers d'avoir fait ce qu'il fallait, avant même que l'information de la détonation ne soit passée de leurs oreilles à leur cerveaux.
Je ne les avais jamais fort appréciés, mais cela n'empêcha pas le mien, de cerveau, de faire ressurgir tous les moments heureux que j'avais eu avec eux, en un véritable festival de bonheur perdu à jamais...
Bha. La chaleur du brasier fit sécher les larmes qui m'échappèrent en un temps record, et ma tristesse avec. Je me lamenterai plus tard: j'avais un homme à sauver.
Je tirai avec le flingue sur la corde qui le liait au pilier vertical, et l'homme sauta hors du feu, puis s'écroula au sol.
Il hurlait encore de douleur, essaya de se relever, mais échoua.
Merde. Les détonations et les cris avaient sûrement été entendus par des autres membres de la tribu, qui ne manqueraient pas de s'amener.
Un gosse et un estropié ne feraient pas long feu contre une troupe de sauvages voulant venger mes "parents". Nous devions fuir, mais lui... n'en était manifestement pas capable, les jambes brûlées par le bûcher.
Je n'osais imaginer ce qu'ils lui feraient s'ils l'attrapaient.
Alors, je m'agenouillai près de lui. Ignorant ses cris qui me vrillaient les tympans, je me mis à parler, d'une voix douce et rassurante.
 - Chhht... Calmez-vous... Fermez les yeux, ignorer la douleur. Pensez à votre épouse et votre fils... Vous avez tant fait pour eux, déjà. Ils seront heureux, grâce à tous vos efforts... Et vous pourrez les protéger, de là-haut,  jusqu'à ce qu'ils viennent à vous. Alors, vous serez ensemble pour l'éternité...
Dans notre tribu, nous croyions à une vie après la mort pour les justes et les bons, comme dans la plupart des religions. Moi, je n'y croyais pas fort, mais lui, si. Ou, en tout cas, il voulait y croire.
Alors, il se tu, et ferma les yeux. Il savait ce que j'allais faire, et l'acceptais peu à peu. Il était intelligent. Il comprit que ses craintes et ses pleurs n'amèneraient à rien, et préféra partir heureux, la tête pleines de bons souvenirs...
Il sourit en pensant à sa famille. Je tirai.
Je gardai le fusil, et pris son couteau à mon père, et sa gourde à ma mère. Cela me serait utile, plus tard.
Puis je fuis dans la jungle, entendant déjà, au loin, les clameurs de mon ancienne tribu.

Dix ans passèrent.
J'avais appris à survivre seul, à présent. Dans cette jungle à la fois hostile et salvatrice, l'enfant était devenu adulte. Un adulte qui avait appris à chasser au couteau et à l'arc -l'arme à feu n'ayant plus de munitions-, à improviser et créer des outils avec des branches et des lianes, à fuir et se cacher quand des membres de son ancienne tribu passaient, à distinguer ce qui se mange de ce qui s'évite, à dormir à la belle étoile, et seulement d'un œil pour ne pas se faire bouffer par un prédateur... Et surtout, à être seul. Terriblement seul.
Au final, ce furent peut-être bien ces dix années qui firent de moi un si bon assassin.
Un jour -j'avais alors 23 ans- , j'entendis une détonation, en direction de mon ancien village. Curieux, je décidai d'aller voir...
Il y avait une troupe de soldats, au centre du village. Les disparitions fréquentes de leurs hommes dans cette zone les avaient fait venir, et ils avaient trouvé mon ancienne tribu. Je ne voyais aucun corps: la détonation devait avoir été un coup de semonce, pour les convaincre de ne pas résister par la force.
Ensuite, le chef militaire défia le mien dans un combat singulier, sans arme, pour prendre sa place, selon les règles de notre propre tribu. Le militaire gagna. Cela signifiait pour ma tribu la fin de bien des choses...
La fin de la mort infantile. La fin des orgies malsaines. La fin de leurs crimes immondes qui leur salissaient les mains.  Ces hommes venus de nul part, à mes yeux, venaient de sauver mon ancienne tribu -une centaine d'êtres- et, plus impressionnant encore, en les vainquant sur leur propre terrain.
Alors, je décidai de devenir des leur pour, à mon tour, semer la justice et la paix.
Je sautai de l'arbre duquel j'avais vu la scène, et m'approchai de leur chef, ignorant les regards surpris, puis haineux, de mon ancienne famille.
Pour la première fois depuis bien longtemps, je parlai.
 - Laissez-moi devenir des vôtres.
L'homme me regarda, surpris. Il ne s'attendait pas à cela... Et puis, j'étais déjà assez âgé. Trop pour commencer une formation, sans parler de mon ignorance à propos de leur monde, et de mon éducation de sauvage qui ne m'avait pas apporté les valeurs indispensables à tout bon soldat -discipline, rationalisme, etc.
Il me fallait le convaincre. Je montrai l'arme que je tenais, puis une cible, accrochée à un arbre à cent mètres, que les sauvages utilisaient pour s'entraîner à l'arc.
 - Je vous propose un défi. Si je perds, je ne vous dérange plus. Si je gagne, vous me prenez avec vous.
Quand l'un de vos hommes tirera en l'air, le duel commence. Le premier à atteindre le centre de la cible avec une balle de son ME-6
(c'était le fusil que j'avais pris au soldat brûlé) gagne. Bien sûr, vous ne pouvez pas recharger: je n'ai pas de réserve de munition, moi.
L'homme, intrigué, accepta. Un des hommes tira, et... je fonçai sur la cible puis, arrivé à celle-ci, je tirai au centre, à bout portant.
J'avais échangé nos armes sans qu'il ne s'en rende compte... Il n'avait donc jamais eu de balles à tirer, contrairement à moi.
Je me tournai vers lui, et, en voyant son sourire, et le fait qu'il n'ait même pas bouger... Je compris qu'il n'avait jamais été dupe. Il m'avait laissé faire mon petit tour, amusé.
 - Tiens, gamin. Reprend ton arme, et rend-moi la mienne, dit-il en me la lançant. Et bienvenue dans l'armée.
Je souris à mon tour, nullement vexé d'avoir jouer son jeu quand je pensais qu'il jouait le mien.
 - Merci... Chef. Je m'appelle Aubépine.
 - Enchanté, soldat. Je m'appelle Drewan Arvick, mais pour toi, ce sera chef.

Dix ans passèrent.
Ma formation, contre tout attente, n'avait pas demandé plus de cinq ans. J'apprenais vite, et j'avais l'esprit ouvert. Mes talents, acquis pendant ma vie en solitaire dans la jungle, me destinait à "une brillante carrière d'éclaireur", pour reprendre les mots de mes supérieurs. "Eclaireur"... Un nom qui ferait battre le cœur de tous les gamins. On s'imagine un homme vaillant, allant au devant du danger sans peur et seul. Indépendant, aussi précis que rapide et discret, un homme que rien n'arrête.
Alors qu'en vérité, ce beau nom cachait toute la face sombre de l'armée. Espions, saboteurs, kidnappeurs, et, bien sûr, assassins. Bref, des gens pas recommandables.
J'étais devenu l'un de ces derniers. Forcément... J'étais déjà coupable de parricide, d'une part. Le pire des crimes, à mes propres yeux. Si j'avais déjà les mains aussi sales, ce n'était pas un peu plus de sang qui changerait quoi que ce soit. Et, comme pour mes parents, je considérais que le meurtre était une méthode acceptable s'il pouvait améliorer notre monde et mettre fin à des injustices et des malheurs...
D'autre part, j'avais déjà appris, pendant ma vie de fugitif, la discrétion, la survie, la solitude, et la chasse. Chasser un animal n'est pas si différent que de chasser un humain: il faut trouver une piste, des traces, étudier ses habitudes, et l'abattre au meilleur moment.
Cela faisait cinq ans que j'étais assassin -enfin, éclaireur. Je remplissais à merveille mes missions: mes cibles étaient de vraies crapules et, si je m'interdisais de ressentir un quelconque plaisir ou de la fierté en faisant mon "travail" -tuer ne dois jamais être source de l'un ou de l'autre- , les remords ne m'assaillaient pas non plus.
Jusqu'à ce jour...
j'avais 33 ans. Un palindrome, mais qui ne m'a pas porté chance.
Je devais abattre une femme. Apparemment, elle avait une dent contre l'armée, et finançait les Fils d'Icare. Et pas avec de petites sommes! Les zéros s'alignaient sur les rapports d'espionnage... Elle tenait une énorme industrie de technologie diverses, alors elle pouvait se le permettre.
A l'époque, les Fils d'Icare n'étaient qu'une petite organisation terroriste, semblable aux autres. Ils détruisaient, sabotaient, tuaient, bref, ne représentaient que mort et destruction à mes yeux. Un groupe qu'il fallait faire dissoudre, point.
Revenons à ma cible. Quelques jours d'observation, à travers la lunette de mon fusil, me permirent de conclure qu'elle...
Ne souriait jamais. Elle paraissait ou triste, ou en colère. Impossible de la tuer dans un moment de bonheur, si elle n'en avait pas...
Je décidai alors d'obtenir une entrevue avec elle, et j'y arrivai. Je m'étais présenté comme un chercheur voulant lui vendre ma dernière découverte.
Quand j'entrai dans la pièce où elle travaillait,  je remarquai tout de suite une photo, sur son bureau.
Mon cœur loupa un battement. C'était la même que celle qu'avait l'homme brûlé par mes parents... Je me tenais face à son épouse. J'engageai la conversation, et présenta mon invention comme un moyen de ressusciter les morts.
 - Vous devez bien avoir une personne chère que vous voudriez ressusciter, non? Imaginez... Sentir à nouveau ses bras autour de vous... Revoir son doux sourire qui faisait naître le vôtre sur votre visage... Regarder ensemble vos enfants grandir et être heureux...
Je continuai mon discours, marchant lentement, jusqu'à arriver dans son dos, entre son bureau et une grande vitre. Elle se prêta au jeu, et imagina. Alors, un sourire naquit sur son visage...
Ce fut la première mission qui m'amena des remords. Elle finançait les fils d'Icare par haine de l'armée qui avait laissé son mari périr, bien sûr, mais aussi parce qu'elle croyait en leurs promesses de monde meilleur -je l'appris dans son journal, que j'avais pris dans son bureau, comme objet personnel. Et puis... J'avais anéanti tout ce qu'avait fait l'homme brûlé. Il s'étais battu pour sa famille, et je l'avais détruite. Son fils n'avait plus de parents, par ma faute, et sa femme n'était plus.
Ces sombres pensées ne me quittèrent plus, même après ma fuite de la scène du crime -effectuée en descendant l'immeuble en escalade par le mur extérieur, puis en sautant sur le toit d'un bâtiment avoisinant, un hôtel, et en utilisant l'ascenseur de ce dernier.
C'était ma première mission amère... Mais pas la dernière.

Dix ans passèrent.
Ma mission était d'assassiner une membre d'Icare, Aline Nury, accusée par l'armée -non officiellement, bien sûr- de piratage en quête d'informations secrètes à fournir à son chef.
Mais... Comme pour chaque mission, je m'étais renseigné sur ma cible, et ce que j'avais appris sur elle m'avait intrigué. Quelle que fut la personne à qui je m'adressais, les réponses étaient les mêmes: elle était très intelligente, d'où son don en informatique, mais elle était aussi pleine de bonté, toujours prête à rendre service, et toujours un sourire rayonnant aux lèvres, un sourire capable de réchauffer le cœur de qui le voyait.
Comment une telle personne pouvait-elle être complice d'Icare, cette organisation criminelle et destructrice, utilisant les moyens les plus crapuleux pour saisir le pouvoir?
Une seule façon de le savoir... Aller la rencontrer. Pour cela, je repassai en revue mes informations sur ses habitudes, et me rappelai qu'elle allait dans un restaurant, chaque dimanche soir. Alors, je décidai d'y aller pour la rencontrer...
Jusqu'à ce jour, et depuis le meurtre de mes parents, j'avais vécu seul, sans amis. J'avais étouffé mon besoin de socialité, et les personnes avec qui j'avais le plus parlé étaient mes victimes, avant de les assassiner.
Mais quand je vis cette femme... Ces sentiments ressurgirent, tel un diable hors de sa boîte.
Je m'assis à côté d'elle, prétextant... Qu'avais-je dit, encore? Je ne savais plus. C'était sans importance.
Nous parlâmes... De tout et de rien, d'abord. Complètement envoûté par cette femme de mon âge, intelligente, agréable, belle, et qui avait les mêmes goûts que moi, j'en avais oublié la raison de ma présence ici.
Mais, et je ne savais plus quelle conversation l'amena à dire cela, elle cita:
 - "La prétention qu'a le terrorisme d'agir au nom des pauvres est une flagrante imposture", a dit Jean-Paul II, un pape qui vécu à la fin du second millénaire. Peut-être qu'à cette époque, le monde était idéal, pour qu'un si grand homme condamne l'opposition... La technologie nous aurait fait retomber dans nos pires péchés, dans un monde où la bête règne au dépend de l'Homme? Ou est-ce simplement le temps qui y mis fin, comme il met fin à toutes les belles choses?
La conversation, naturellement, continue sur les Maraudeurs, puis... Les fils d'Icare. Aline les voyait comme des héros venus restaurer ce qu'il y a de bon en nous, et chasser le mal. Et, si cette purification demandait quelques sacrifices... Elle était nécessaire.
J'aurais dû m'en douter. Elle n'avait pas que les mêmes goûts que moi... Elle avais aussi ma façon de penser. "La fin justifie les moyens", et la fin que nous imaginions tous deux était un monde meilleur. Mais nos chemins divergeaient.
Elle s'était fait lavée le cerveau par Icare... Même les plus sages, les plus intelligents pouvaient tomber dans ce piège. Après un drame, par exemple... Les gens forts, comme elle, avaient souvent du mal à supporter le sentiment d'impuissance face à une tragédie qu'ils ne surent éviter, ou combattre. Alors, ils veulent agir, trouver une raison de se battre, de prendre leur revanche sur le malheur... Une occasion qu'Icare offrait sur un plateau doré.
Nous sortîmes de l'endroit, une fois le repas fini. Il était temps de se séparer... Après quelques au revoir soufflé du bout des lèvres, dans la fraîcheur de la nuit, elle me mit en main un objet en métal, avant de s'éloigner.
Je le regardai: un enfant avec des ailes... Brûlées. Manifestement, Aline l'avait fait elle-même: l'œuvre n'avait rien du travail d'un pro... Au dos, il y avait un numéro de téléphone -le sien?- et une phrase: "Aucun monde heureux ne peut être bâti sur les fondations corrompues de l'ancien". Le message était clair: elle voulait tout raser...
Je n'avais pas réagi négativement quand elle m'avait parlé de son adoration pour Icare, préférant rester attentif et impassible pour comprendre pourquoi elle croyait en eux. Aussi, elle m'avait sans doute vu comme une potentielle recrue, et m'avait donné l'objet pour me convaincre de les rejoindre.
Je l'observais, à présent, à travers la lunette de mon fusil, couché sur un toit. Nous étions le lendemain matin.
La nuit avait été une longue torture. Que devais-je faire? Devais-je vraiment la tuer? N'y avait-il pas d'autres solutions? Avais-je le droit de l'épargner malgré toutes mes précédentes victime? N'était-ce pas foncièrement égoïste que de ne pas la tuer parce que je l'aimais?
Avant que je ne puisse prendre une décision, le soleil s'était levé, et elle aussi. Alors, je pris ma décision...
Je sortis mon téléphone, et composa le numéro au dos de l'Icare en métal. Je vis Aline décrocher son téléphone.
A peine entendit-elle le son de ma voix -nos sentiments étaient donc réciproque- que naquit sur ses lèvres son habituel et chaleureux...
Sourire.

Dix ans passèrent.
J'avais 63 ans, à présent. Les vacances étaient finis... Mais, au vu de mon grand âge, je ne tarderai pas à goûter une retraire bien méritée.
J'avais visité toutes les planètes, découvert les plus grands des monuments, m'étais lié d'amitié avec quelques personnes, avant de les quitter pour une autre planète, goûté mille et un plat, ...
Je me demandais si je serais encore capable de remplir mes missions malgré tout cela. Les longues périodes d'attentes, le froid, la solitude...
J'étais sur un pont, près de la base militaire, à présent.
Je sortis la plaque de métal représentant Icare, celle d'Aline. Je revis ses longs cheveux noirs, ses yeux brillants d'intelligence, son sourire chaleureux...
Et je jetai la plaque dans l'eau.
Je connaissais le numéro par cœur, à présent. Et puis... Je n'avais jamais eu besoin d'objet à elle. C'était une règle que je ne respectais que pour les cibles que je tuais.
Je souris. A présent, j'en avais des dizaines, d'objets qu'elle m'avait offert, pendant ces dix années de voyage ensemble. Et je lui en avais offert au moins autant.
Je repensai au premier coup de téléphone que j'avais eu avec elle. J'avais avoué ma véritable profession, et mes sentiments. Qui étaient réciproques.
Les dix années suivantes, nous nous donnions rendez-vous au cimetière, pour ne pas oublier les conséquences de nos actes respectifs, et essayer de trouver une solution à notre différence de camp. Au final, nous avions tous deux décidés d'être plus critique quant à notre camp. Nous restions dedans, mais ne perdions pas de vue notre but: construire le bien et la paix, pas renverser le camp adverse pour prendre le pouvoir...
J'épargnais certaine de mes cibles, les convainquant par le dialogue -ou les menaces- de cesser leurs activités criminelles, et elle, elle triait les informations qu'elle donnait, ou les modifiait, même, pour "manipuler" Icare, et faire en sorte que leurs actes aident le peuple.
En attendant notre retraite, nous nous retrouvions, de temps en temps, en secret... Comme de jeunes amoureux, en somme.
Je restais toujours aussi impassible et distant: rien n'avait changé, pour les autres militaires. Mais, au fond de moi, j'avais une nouvelle lumière...
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MessageSujet: Re: Drewan Aubépine   Sam 10 Jan - 23:53

Ce fut long, ce fut périlleux mais ça en valait la peine : bienvenue parmi nous éclaireur Wink
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MessageSujet: Re: Drewan Aubépine   Dim 11 Jan - 10:45

Merci, chef! =D

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MessageSujet: Re: Drewan Aubépine   

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